Décembre 2007
Portrait paru dans la sélection 2007 de Livres au trésor

 

 

La benjamine des écrivains de la collection Exprim’ a tout juste vingt ans. Tibo Bérard l’a découverte par le biais du slam qu’elle a pratiqué dès l’âge de quinze ans au Lieu Unique à Nantes. Le Carnaval des brisés, écrit à dix-sept ans, deviendra Adieu la chair après trois mois de réécriture et de discussions « à la virgule près ». « Il faut que chaque phrase soit belle à lire, à dire et à entendre », ajoute Julia Kino qui a retenu les leçons du slam où « il ne suffit pas de raconter une histoire et de faire un bon mot. L’important est que tout soit cohérent et fort pour être entendu ». L’auteure a une méthode d’écriture éprouvée : quand elle entame un roman, chaque idée de scène est classée dans un dossier sur son ordinateur. « Je sais qu’elle viendra s’intégrer plus tard dans le récit, après avoir été polie. Toutes ces petites cellules s‘amoncellent pour donner un ensemble cohérent. » Adieu la chair est né de sa fascination pour l’adolescence. Elle souhaitait « parler d’une jeunesse abîmée qui n’a pas la place de grandir puisque les adultes sont inexistants ou veulent rester des enfants ». Si son récit peut parfois paraître âpre, c’est que l’adolescence est une période houleuse et « ce serait stupide de s’empêcher de la décrire sous prétexte que certains pourraient interpréter des scènes à la lettre ». La publication de son roman va permettre à Julia Kino de se consacrer entièrement à l’écriture, elle qui « travaille sur la précision des phrases, leur justesse. Elles ne doivent pas contenir trop d’ego, ne pas servir à briller. J’essaye d’écrire des phrases que personne ne pourrait avoir envie de changer après les avoir lues ».

 



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