|
|
Betty Bone ou l’art urbain
Après une enfance passée en Haute-Savoie, Betty Bone vit aujourd'hui à Paris et travaille à Bagnolet. Chaque nouvelle lecture de ses albums, où la ville est souvent présente, révèle de nouveaux détails dans les images, dans leur composition, dans leurs enchaînements dans les rapports de couleurs, dans les visages et mouvements des personnages ou dans les échos d'un livre à l'autre. Rencontre autour de Dudu.
Vous utilisez la technique du papier découpé ?
C’est du papier découpé virtuel. Tout est réalisé à l’ordinateur mais je travaille de la même manière qu’avec du papier. J’utilise un logiciel de dessin vectoriel. Je crée mes formes directement sur une feuille de couleur virtuelle que je découpe avec des ciseaux virtuels. Cela me permet d’aller plus loin dans le détail, parce que je peux zoomer.
De nombreux détails reviennent dans Dudu. D’ailleurs, vous semblez porter un intérêt aux bouteilles ou canettes de soda qui traînent par terre !
L’univers urbain m’inspire pas mal, nourrit beaucoup mon imagination. Et que voit-on dans la ville ? Plein de choses par terre. C’est peut-être mon côté écologique, mais j’aime bien montrer la façon dont les gens jettent les choses par terre. Il se dégage de la poésie de toutes ces bouteilles et capsules dans l’herbe bien verte : c’est joli graphiquement, mais c’est aussi un rappel de ce que cela signifie pour notre planète.
Les deux sœurs, héroïnes de Dudu, ne tiennent pas toujours le devant de la scène et le lecteur les cherche partout dans la page…
Oui, et en même temps elles sont bien ciblées, car sur chaque page, elles sont le seul élément rouge, avec un autre qu’elles croient être leur sœur. Le regard se dirige très vite vers ces points rouges, qui sont petits ou énormes. Le but n’est pas de les chercher et de les découvrir, c’est juste un jeu entre le texte et l’image.
J’aimais l’idée que ces deux petites filles, qui n’ont a priori rien à faire toutes seules dans la ville, soient encadrées par un espace urbain où personne ne fait attention à elles bien qu’elles soient seules. Elles sont comme perdues, comme dans une forêt ; les passants sont des arbres derrière lesquels on ne peut rien voir. Chaque fois, l’horizon est bouché par quelque chose. Il y a très peu de ciel dans cet album, sauf sur la première page.
Le plan de la ville était-il clair dans votre tête ?
Non, j’ai plutôt travaillé de manière photographique, en mettant le focus sur des endroits qui me semblent représenter la ville. Pour moi, qui ne suis pas du tout une citadine de naissance, mais qui viens de la montagne, la voie rapide, les voitures, le fast-food, le jardin public, la gare, de nombreux endroits représentatifs du milieu urbain sont prétexte à des saynètes.
Betty Bone a conçu et illustré :
La Nuit - Le Rouergue, 2005 (Sélection 2005)
Balade - Le Sorbier, 2005 (Sélection 2005)
Le Corbusier, l'œil et le mot - Mango, 2005
Dudu - Thierry Magnier, 2006 (Sélection 2006)
La Nature - Père Castor-Flammarion, 2006
|