Noni Nilsson-Brännström
Septembre 2004
Moni Nillson-Brânnström, née en 1955, a écrit une quinzaine de livres pour les enfants. Elle vit à Stockholm. Petite, elle écrivait beaucoup (journal, poèmes, lettres). Mais c'est adulte qu'elle s'est vraiment mise à l'écriture de son premier album, Bartolomeus et le fantôme, paru en 1983. En 1995, elle a publié un roman, Tsatsiki och Morsan (Tsatsiki,), qui a immédiatement connu un grand succès en Suède. Quatre tomes ont suivi entre 1996 et 2001. À l'occasion de la parution en France du premier tome des aventures de Tsatsiki, nous l'avons rencontrée au Centre culturel suédois, à Paris.
À votre avis, pourquoi Tsatsiki est-il traduit seulement aujourd'hui en France ?
Peut-être tout simplement parce qu'il est un petit peu amoral, un peu provocateur et qu'il fallait du temps pour s'y habituer.
Tsatsiki est un petit garçon très attachant, qui vit avec sa mère, célibataire fantaisiste et fantasque… C'est vous ?
Je lui ressemble peut-être un peu, mais elle correspond surtout au rêve que j'avais de lui ressembler. Je voulais donner une image positive de mère célibataire, sans problème, qui assume complètement son rôle. Il y a tellement de livres où on évoque ces femmes de façon négative !
Elle est chanteuse de rock, marche sur les mains, se promène en tutu de danse, ce n'est pas courant…
Ce n'est peut-être pas si inhabituel que ça. Beaucoup de mères jouent du rock et marchent sur les mains, mais on n'en fait pas de romans.
Le roman se place du point de vue de l'enfant de six ans qui essaye de comprendre le monde nouveau, différent de celui qu'il a toujours connu.
La difficulté d'écrire pour les enfants se situe justement là : il ne faut pas avoir une perspective d'en haut, d'adultes, mais, tout en essayant de parler à travers l'enfant, il faut éviter un niveau trop puéril qui, de toute façon, ne correspondra pas au lecteur du roman.
Il y a une sorte de naïveté dans le ton de Tsatsiki qui pourtant réfléchit beaucoup, entre autres à ce père absent
Pour Tsatsiki, cette situation a toujours été normale : il n'a jamais eu de père. C'est à l'école qu'il découvre que les enfants ont des pères et qu'il commence à avoir un désir, tout à fait naturel, de père. Comme c'est à l'école, le premier jour - alors qu'il découvre pour la première fois une autre personne, la maîtresse - que Tsatsiki s'aperçoit que sa mère n'est pas comme tout le monde.
Les relations avec les adultes sont toujours positives.
J'en avais assez de ces romans sur des relations à problèmes avec des adultes sans relief. Je voulais donner d'eux une image positive, montrer qu'ils peuvent résoudre des problèmes ! Cela n'existe pas, un enfant qui se "sauve" tout seul.
Peut-on dire que Tsatsiki est le petit frère de Fifi Brindacier ?
C'est un véritable personnage, presque un logo en Suède. Le premier tome a été vendu à cent mille exemplaires (pour un pays de neuf millions d'habitants). J'ai même pensé que Fifi Brindacier, devenue adulte, aurait pu être sa mère !
Depuis le premier roman, d'autres tomes ont suivi…
Je pensais seulement écrire Tsatsiki, mais j'étais si curieuse de savoir qui était son père de que j'ai écrit le deuxième tome, Tsatsiki et papa. Ensuite j'en ai écrit un troisième après lequel je voulais m'arrêter. Mais j'ai été inondée de lettres de lecteurs qui voulaient connaître la suite. Il y en a donc eu cinq et un sixième est à venir !
Merci à Maria Ridelberg qui a assuré l'interprétation de cet entretien.
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Entretiens
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Tormod Haugen - 2003
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