Bart Moeyaert
Septembre 2005

Huis clos
C’est en 1983, à l’âge de dix-neuf ans, que Bart Moeyaert publie en Belgique son premier roman, qui reçoit éloges et prix dès sa parution. De nombreux livres ont suivi, mais en France, c’est n’est qu’en 1999 que Le Seuil publie un premier titre dans la collection Fictions,
À mains nues (paru quatre ans plus tôt à Amsterdam). La collection s’étant s’interrompue, il a fallu attendre jusqu’à cette année pour que d’autres romans de Bart Moeyaert soient traduits, cette fois aux éditions du Rouergue (collection DoAdo) : Nid de guêpes, suivi cet automne de C’est l’amour que nous ne comprenons pas.

Pourquoi a-t-il fallu attendre aussi longtemps pour que des éditeurs français publient vos romans ?

Je ne sais pas. Peut-être parce que mes livres sont souvent qualifiés de difficiles, car l’histoire n’est pas toujours évidente : ils demandent à savoir parfois lire entre les lignes. Dans le paysage actuel de l’édition jeunesse, ce n’est peut-être pas si courant. Mais au bout du compte, il y a toujours, finalement, un éditeur pour croire en mon travail. Même si dans les pays du nord de l’Europe mes ouvrages ont rapidement reçu un très bon accueil, en Italie, en France ou en Espagne, cela a pris plus de temps.

Vos romans se situent souvent à la lisière de l’enfance et de l’adolescence. D’ailleurs, dans certains pays, ils sont publiés dans des collections pour adultes.

Les personnages principaux d’À mains nues sont deux enfants de dix ans, et on m’a reproché la difficulté à définir à quel public s’adresse l’ouvrage : est-ce un livre pour adultes ou pour adolescents ? comment des jeunes pourraient-ils s’intéresser à l’histoire d’enfants de dix ans ? Je considère chaque livre comme un retour à l’enfance, à cet état de recherche, à ce temps où il est possible de faire des erreurs, alors qu’à l’âge adulte, on « doit » savoir. Je trouve les questionnements de l’enfance plus intéressants, pour tout le monde. C’est pourquoi on peut lire mes histoires à tous les âges. Je ne veux donc pas dire « pour qui » j’écris et qui peut ou ne peut pas lire mes livres.

Dans Nid de guêpes, comme dans C’est l’amour que nous ne comprenons pas, vous donnez la parole à une fille.

Je ne pose pas comme un préalable l’identité du narrateur, garçon ou fille : le personnage est là. C’est une autre forme d’exigence vis-à-vis du lecteur qui doit découvrir lui-même des pistes de lecture. Opérer ces « choix », c’est aussi une façon pour le lecteur de mieux se connaître.
Dans certaines histoires, ce n’est pas important ! Dans l’un de mes albums, le narrateur dit « je » tout au long de l’histoire sans que l’on sache s’il s’agit d’un garçon ou d’une fille, et c’est d’ailleurs dommage que le texte soit illustré. J’aime cette idée, cela « attire » le lecteur, l’implique, dans le sens où il prend la responsabilité de lire entre les lignes et de faire ses choix.

Votre écriture est très visuelle, avec des détails qui font surgir des images.

Cela est dû à ma façon d’écrire : je vois une image, en mouvement, et je sais qu’elle sera le début du livre ; je vois les personnages agir et c’est cela que je veux transmettre. Je veux ressentir ce qu’ils ressentent parce que dans la vie l’atmosphère et le temps agissent sur nous.

Vous situez vos romans dans des lieux, des villages coupés du monde, où la nature, le sol ont une grande importance.

Je ne sais pas s’il s’agit d’un lieu déterminé et choisi, cela pourrait se passer n’importe où ; l’important, c’est que ce soit un monde clos, un monde replié sur lui-même, en autarcie, et dans lequel on « doit » vivre, sans télévision, radio ou téléphone portable. Cela va de soi, je n’en veux pas. Ce n’est peut-être pas le monde tel qu’il est aujourd’hui mais peu importe puisque ce que je montre n’a pas à voir avec des choses de l’extérieur mais avec des choses de l’intérieur qui de fait, sont atemporelles.

Entretiens

Auteurs et illustrateurs

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Jukuta Alikavazovic - 2005
Catherine Anne - 2002
Isabelle Bonhomme - 1990
Shaïne Cassim - 2001
Jean-François Chabas - 1999
Rémi Courgeon - 2004
Katy Couprie - 1992
Kitty Crowther - 1996
Valérie Dayre - 1993
Ludovic Debeurme - 2005
Guillaume Dégé - 2005
Marie Desplechin - 2001
Philippe Dorin - 1991
Cédric Érard - 2003
Eglal Errera - 2004
Natali Fortier - 2005
Alain Gaussel - 1995
Stéphane Girel - 1997
Aurélie Grandin - 2004
Georg Hallensleben - 1999
Tormod Haugen - 2003
Anne Herbauts - 2000
Michel Honaker - 1992
Miles Hyman - 1993
Benoît Jacques - 2001
Virginie Lou - 1990
Christophe Merlin - 2001
Hubert Mingarelli - 1994
Charlotte Mollet - 1994
Michael Morpurgo - 1995
Moni Nilsson-Brännström - 2004
Emre Orhun - 2002
François Place - 2001
Rascal - 1994
Hélène Riff - 2005
Rémi Saillard - 1995
Rafik Schami - 1999
Carine Tardieu - 2003
Sophie Tasma - 1996
Annika Thor - 2000
Anaïs Vaugelade - 1998
Mireille Vautier - 1991

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